Kit Indépendant

Je choisis entre personne physique et société

Un ami vous dit de « passer en SRL », votre comptable dit d’attendre. Les deux ont peut-être raison : tout dépend de votre bénéfice, de ce que vous sortez pour vivre et des risques de votre métier.

Pour un premier démarrage, la personne physique suffit presque toujours. La société se discute quand le bénéfice devient élevé et stable.

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Un cas qui sort de l’ordinaire ? Voir les cas particuliers en fin de page.

Étape 1Comprendre ce qui change vraiment

Avant de comparer

En personne physique, vous et votre activité ne faites qu’un. Vos dettes professionnelles peuvent être payées avec vos biens privés.

Une société est une personne à part. Dans une SRL, une SC ou une SA, vous risquez en principe votre apport, pas votre maison.

Ce qu’il faut savoir

  • En personne physique, votre bénéfice paie l’impôt des personnes physiques, de 25 % à 50 % selon la tranche.
  • En société, la société paie l’impôt des sociétés sur son bénéfice. Vous payez l’impôt sur ce qu’elle vous verse.
  • La protection de la société a des limites : une garantie personnelle donnée à la banque, ou une faute de gestion, vous engagent quand même.

Les questions à poser

  • Mon métier peut-il causer des dommages coûteux à un client ?
  • La banque me demandera-t-elle une garantie personnelle de toute façon ?
  • Combien dois-je sortir chaque mois pour vivre ?

Qui peut vous aider

Étape 2Comparer les formes

Avant de parler au comptable

Pour un indépendant seul, le choix se joue presque toujours entre la personne physique et la SRL. Les autres formes servent quand on s’associe, ou pour de grandes entreprises.

Le tableau compare ce qui compte au départ : le nombre de fondateurs, l’argent à apporter, votre responsabilité et le passage chez le notaire.

Ce qu’il faut savoir

  • La SRL n’a plus de capital minimum depuis la réforme du droit des sociétés. Il faut des fonds propres de départ « suffisants », justifiés par le plan financier.
  • Une société tient une comptabilité complète et dépose ses comptes annuels chaque année.
Les formes, en un coup d’œil
FormeFondateursApport minimumVotre responsabilitéNotaire
Personne physique1AucunIllimitée : vos biens privésNon
SRL (responsabilité limitée)1 ou plusPas de montant, apport suffisantLimitée à l’apportOui
SC (coopérative)3 au moinsPas de montant, apport suffisantLimitée à l’apportOui
SA (anonyme)1 ou plus61 500 €Limitée à l’apportOui
SNC (nom collectif)2 au moinsAucunIllimitée et solidaireNon
SComm (commandite)2 au moinsAucunIllimitée pour le commandité, limitée à l’apport pour le commanditaireNon

Portail officiel business.belgium.be (SPF Économie). « Solidaire » : chaque associé peut devoir payer toute la dette.

Les questions à poser

  • Suis-je seul, ou vais-je m’associer ?
  • Quel apport de départ mon plan financier justifie-t-il ?
  • Combien coûtera la comptabilité de la société, chaque année ?

Qui peut vous aider

Étape 3Chiffrer l’impôt et les frais

Quand votre bénéfice grandit

La société baisse l’impôt sur l’argent que vous laissez dedans. Elle ne le baisse pas sur ce que vous sortez pour vivre, qui reste taxé chez vous.

Elle coûte aussi plus cher chaque année. Le calcul se fait donc sur votre bénéfice réel et sur ce que vous devez en retirer.

Ce qu’il faut savoir

  • Le taux normal de l’impôt des sociétés est de 25 %. Une petite société paie 20 % sur ses premiers 100 000 €, si elle remplit les conditions.
  • La condition principale : verser une rémunération minimale à au moins un dirigeant. La loi du 15 juillet 2026 la fixe à 25 000 €, indexés chaque année, dès l’exercice d’imposition 2027.
  • Le montant indexé pour 2027 tournerait autour de 50 000 €. Il n’est pas encore publié par le SPF Finances : à vérifier avant de fixer votre rémunération.
  • La société paie aussi une cotisation annuelle à l’INASTI, chaque année, même sans bénéfice. Les trois premières années, elle peut en être dispensée.
Ce que coûte la société en plus
PosteMontant
Cotisation annuelle des sociétés, bilan jusqu’à 858 605,72 € (2025)399,73 €
Même cotisation, bilan plus grand (2025)998,47 €
Notaire et création d’une SRL, une fois1 200 à 2 500 € (à vérifier)

Cotisation : INASTI, montants 2025, à payer avant le 31 décembre. Le barème 2026 est à vérifier. Coût de création : fourchette citée par Xerius.

Attention

Sortir l’argent de la société a un prix. Un dividende ordinaire perd 30 %, retenus à la source (le précompte mobilier). Les petites sociétés créées avec un apport en argent ont un taux réduit, appelé VVPRbis. Il passe à 18 % pour les dividendes attribués depuis le 1er juillet 2026 (à vérifier).

Les bons réflexes

À faire

  • Comparez sur trois ans, avec un comptable, à partir de votre bénéfice stable.
  • Chiffrez ce que vous devez retirer chaque mois pour vivre.

À éviter

  • Créer une société pour une seule bonne année.
  • Oublier la cotisation annuelle et la comptabilité dans le calcul.

Les questions à poser

  • Quelle part de mon bénéfice pourrai-je laisser dans la société ?
  • Quelle rémunération minimale devrai-je me verser cette année ?
  • Ma société sera-t-elle dispensée de la cotisation annuelle au début ?

Qui peut vous aider

  • ITAA

    Le calcul personne physique ou société, sur vos vrais chiffres.

  • INASTI

    La cotisation annuelle des sociétés et sa dispense.

  • SPF Finances

    Les règles de l’impôt des sociétés.

Étape 4Créer la société

Quand la décision est prise

Une SRL, une SC ou une SA se crée chez le notaire, par un acte de constitution.

Une SNC ou une SComm se crée par un acte sous seing privé, c’est-à-dire un contrat signé entre associés, sans notaire.

Ce qu’il faut savoir

  • Le plan financier est obligatoire pour une SRL, une SC ou une SA. Vous le remettez au notaire avant la constitution.
  • Il chiffre au moins deux ans : bilans et comptes de résultats projetés à 12 et 24 mois, budget de trésorerie, sources de financement.
  • En cas de faillite dans les trois ans, avec des fonds propres manifestement trop faibles, les fondateurs peuvent devoir payer eux-mêmes.
La création d’une SRL, dans l’ordre
La création d’une SRL, dans l’ordreD’abord : Le plan financier, relu par un comptable. Avant le notaire : Le compte bancaire au nom de la société, et l’apport versé. Chez le notaire : Les statuts et l’acte de constitution. Après l’acte : Inscription à la BCE, activation de la TVA, affiliation à une caisse.D’abordLe plan financier, relupar un comptableAvant le notaireLe compte bancaire au nomde la société, et l’apportverséChez le notaireLes statuts et l’acte deconstitutionAprès l’acteInscription à la BCE,activation de la TVA,affiliation à une caisse

Les documents à préparer

  • Le plan financier complet.
  • L’attestation bancaire de l’apport versé.
  • Les cartes d’identité des fondateurs.
  • La description de l’activité et l’adresse du siège.

Les questions à poser

  • Que comprend le prix du notaire, publication comprise ?
  • Mon plan financier tient-il deux ans, sans revenu extérieur ?
  • Qui sera gérant, et à quelle rémunération ?

Qui peut vous aider

Étape 5Faire vivre la société

Chaque année

Une société demande plus de suivi qu’une activité en personne physique. Chaque année, elle réunit son assemblée générale, dépose ses comptes et paie sa cotisation à l’INASTI.

La plupart des gérants confient la comptabilité à un comptable. Choisissez-le avant la création, pas après.

Ce qu’il faut savoir

  • Comme gérant, vous restez indépendant. Vous payez vos propres cotisations sociales sur votre rémunération.
  • Une société qui ne fait pas de versements anticipés paie une majoration : 6,75 % pour l’exercice 2027. Une petite société en est dispensée ses trois premiers exercices.
  • La cotisation annuelle des sociétés se paie avant le 31 décembre. Le retard coûte 1 % par mois.

Les questions à poser

  • Quelles pièces voulez-vous, et à quelle fréquence ?
  • Quand devons-nous tenir l’assemblée générale et déposer les comptes ?
  • Faut-il faire des versements anticipés cette année ?

Qui peut vous aider

  • ITAA

    Le comptable tient les comptes et prépare les dépôts.

  • INASTI

    Votre statut social de dirigeant et la cotisation des sociétés.

  • SPF Finances

    Les versements anticipés des sociétés.

Cas particuliers

Le parcours ci-dessus suit le cas le plus courant. Ouvrez seulement ce qui vous concerne.

Vous êtes déjà indépendant et vous passez en société

Vous apportez ou vendez votre activité à la société créée. Clients, contrats, matériel et TVA changent de titulaire : prévoyez quelques mois et l’aide d’un comptable.

Pour un bénéfice stable sous 50 000 €, la personne physique reste le plus souvent moins chère. Xerius, une caisse d’assurances sociales, situe l’intérêt de la société entre 50 000 et 80 000 € de revenus nets par an. Cette fourchette date d’avant la nouvelle rémunération minimale : à vérifier avec votre comptable.

Vous démarrez à plusieurs

Dans une SNC, chaque associé peut devoir payer toutes les dettes de la société. Dans une SComm, c’est le cas des commandités.

Une SRL protège chaque associé à hauteur de son apport. Une SC demande au moins trois fondateurs.

Dans tous les cas, écrivez qui apporte quoi, qui décide et ce qui se passe si l’un part.

Vous exercez une profession libérale

Avocat, médecin, architecte, comptable : votre ordre ou institut peut fixer ses propres règles pour exercer en société. Demandez-les avant d’aller chez le notaire.

Sources

Imprimé depuis https://independant-be.pages.dev/choisir-ma-forme/