Kit Indépendant

Je me lance comme indépendant

Vous savez ce que vous voulez vendre. Le reste paraît flou : le statut, les cotisations, l’ordre des papiers, le moment où l’on prévient son employeur.

Le parcours suit l’ordre de la vraie vie, en cinq étapes. À chacune, ce qu’il faut savoir, les questions à poser et qui peut vous aider.

Un cas qui sort de l’ordinaire ? Voir les cas particuliers en fin de page.

Étape 1Vérifier que le projet tient la route

Avant d’en parler à votre employeur

Beaucoup de projets paraissent rentables jusqu’au jour où l’on aligne le loyer, les cotisations et le prêt sur une même ligne.

Faites ce calcul avant de démissionner. Il vous dit combien vendre pour vivre, et combien de mois tenir sans revenu.

Ce qu’il faut savoir

  • À titre principal, vous payez au moins 890,42 € de cotisations sociales par trimestre en 2026, même sans revenu.
  • Le plan financier est obligatoire pour créer une SRL. En personne physique, rien ne l’impose, mais une banque le demandera pour un prêt.
  • Le seuil de rentabilité est le chiffre d’affaires qui couvre toutes vos charges. En dessous, vous perdez de l’argent.

À faire

  • Remplissez le plan financier deux fois : une version prudente et une version réaliste.
  • Notez d’où vient chaque chiffre. « Quatre clients à 1 250 € par mois, deux déjà d’accord » vaut mieux qu’un total rond.

Les questions à poser

  • Combien de clients ai-je déjà, et combien m’ont dit oui par écrit ?
  • Combien de mois puis-je vivre sur mon épargne si les ventes tardent ?
  • Quel prix mes futurs clients paient-ils aujourd’hui ailleurs ?

Qui peut vous aider

  • UCM

    Accompagne le business plan et le plan financier, sur demande.

  • hub.brussels (1819)

    Formation au plan financier et ligne 1819, pour un projet à Bruxelles.

  • VLAIO

    Outil Startkompas et conseil au business plan, pour un projet en Flandre.

  • ITAA

    Vérifiez qu’un comptable y est inscrit avant de lui confier le plan.

Étape 2Quitter votre emploi, ou garder un pied dedans

Avant de démissionner

Vous pouvez démissionner, ou rester salarié et démarrer à côté. À côté, vous testez l’activité avec un salaire qui continue.

Dans les deux cas, relisez votre contrat de travail avant d’annoncer quoi que ce soit.

Ce qu’il faut savoir

  • Le préavis de démission va de 1 à 13 semaines selon votre ancienneté. Il commence le lundi qui suit la remise de la lettre.
  • La lettre se remet en main propre, par recommandé ou par huissier. Un e-mail ne fait pas partir le préavis.
  • Une clause de non-concurrence n’est jamais valable sous 44 447 € de salaire annuel brut.
Principal ou complémentaire : vos cotisations en 2026
SituationCotisation par trimestre
Principal, au début890,42 € au minimum
Complémentaire, revenu sous 1 922,16 € par an0 €
Complémentaire, au-delà20,50 % du revenu, 98,51 € au minimum

Hors frais de gestion de la caisse. En complémentaire, vos droits sociaux restent ceux de votre emploi.

Attention

Pendant le préavis, vous pouvez vous absenter pour chercher un emploi. Ce congé ne sert pas à préparer une activité indépendante.

Les questions à poser

  • Mon contrat contient-il une clause de non-concurrence ?
  • Mon employeur accepte-t-il une activité à côté, et dans quel secteur ?
  • Ma caisse me reconnaît-elle comme complémentaire avec mon horaire actuel ?

Qui peut vous aider

  • SPF Emploi

    Les règles officielles du préavis et de la démission.

  • INASTI

    Les conditions du statut complémentaire.

Étape 3Choisir entre personne physique et société

Avant le guichet

En personne physique, vous démarrez tout de suite, sans notaire ni capital. Vos revenus sont imposés comme des revenus personnels.

Pour un premier démarrage avec un revenu modeste, la personne physique suffit presque toujours. Vous pourrez passer en société plus tard.

Ce qu’il faut savoir

  • La société baisse l’impôt sur l’argent que vous laissez dedans. Elle ne le baisse pas sur ce que vous sortez pour vivre.
  • Une SRL coûte 2 500 à 4 000 € de plus par an, surtout en comptabilité.
  • Créer une SRL demande un acte chez le notaire et un plan financier.
Le bénéfice qui fait pencher la balance
Bénéfice stable par anLe plus souvent
Sous 50 000 €Personne physique
De 50 000 à 70 000 €Le calcul avec un comptable
Au-dessus de 70 000 €Société (SRL)

Les questions à poser

  • Quelle part de mon bénéfice pourrai-je laisser dans la société ?
  • Combien coûtera la comptabilité de la SRL, chaque année ?
  • Mes biens privés sont-ils exposés dans mon métier ?

Qui peut vous aider

  • ITAA

    Un comptable inscrit fait le calcul sur vos vrais chiffres.

  • UCM

    Conseil aux starters sur le choix du statut.

Étape 4Faire les démarches

Avant votre premier jour d’activité

Les démarches tiennent en une matinée si vous les faites dans l’ordre. Le guichet d’entreprises règle les principales le même jour.

Demandez d’abord les aides régionales : plusieurs se perdent une fois le numéro d’entreprise obtenu.

Ce qu’il faut savoir

  • Il existe huit guichets d’entreprises agréés. L’inscription à la BCE coûte 111,50 € partout en 2026.
  • Votre numéro de TVA est votre numéro d’entreprise précédé de BE. L’activation est gratuite si vous la faites vous-même sur MyMinfin.
  • Sous 25 000 € de chiffre d’affaires par an, vous pouvez demander la franchise de TVA sur le même formulaire.
  • Vous devez être affilié à une caisse d’assurances sociales avant de commencer.
  • Depuis le 1er janvier 2026, vos factures aux entreprises belges passent par Peppol.
Le lancement, dans l’ordre
Le lancement, dans l’ordreD’abord : Les aides régionales qui se demandent avant le numéro d’entreprise. Au guichet : Inscription à la BCE et affiliation à la caisse. Dans la semaine : Activation de la TVA sur MyMinfin, franchise comprise. Avant le premier jour : Compte, logiciel Peppol, mutuelle et assurances. Chaque trimestre : La cotisation provisoire, appelée par votre caisse.D’abordLes aides régionales quise demandent avant lenuméro d’entrepriseAu guichetInscription à la BCE etaffiliation à la caisseDans la semaineActivation de la TVA surMyMinfin, franchisecompriseAvant le premier jourCompte, logiciel Peppol,mutuelle et assurancesChaque trimestreLa cotisation provisoire,appelée par votre caisse

À faire

  • Prenez la checklist du lancement et cochez chaque démarche au guichet.
  • Prévenez votre mutuelle que vous devenez indépendant.
  • Demandez un devis de revenu garanti : vous n’avez plus de salaire si vous tombez malade.

Attention

Sans affiliation, l’INASTI vous inscrit d’office à la Caisse nationale auxiliaire. Une amende est possible.

Les bons réflexes

À faire

  • Ouvrez un compte séparé, même si la loi ne l’exige pas en personne physique.
  • Choisissez un logiciel qui envoie et reçoit les factures Peppol.

À éviter

  • Payer le guichet pour l’activation TVA si vous pouvez la faire en ligne.
  • Commencer à facturer avant d’être affilié à une caisse.

Les questions à poser

  • Ma profession demande-t-elle un accès réglementé ou une connaissance de gestion ?
  • Que coûtent les frais de gestion de la caisse, chaque trimestre ?
  • Le guichet active-t-il la TVA gratuitement, ou faut-il payer ce service ?

Qui peut vous aider

Étape 5Tenir les premiers mois

Les douze premiers mois

La première année, la caisse vous demande une cotisation provisoire. Elle ne connaît pas encore votre revenu.

Deux ans plus tard, elle reçoit votre revenu réel et réclame la différence. Mieux vaut payer juste dès le départ.

Ce qu’il faut savoir

  • Primostarter, vous payez 459,82 € par trimestre au lieu de 890,42 € pendant quatre trimestres. Une réduction de 118,52 € s’ajoute au premier.
  • Rien n’est automatique : vous demandez la réduction à votre caisse, avec une estimation de revenu.
  • Le droit passerelle verse jusqu’à 2 128,11 € par mois si vous devez arrêter, par exemple après un incendie.
Exemple : 30 000 € de revenu net la première année
Ce que vous payezMontant
Le minimum, 4 × 890,42 €3 561,68 €
Les cotisations réelles sur 30 000 €6 150 €
Le rattrapage réclamé en 20282 588,32 €
Par trimestre, en déclarant 30 000 € dès le départ1 537,50 €

Démarrage le 1er janvier 2026 à titre principal, sans primostarter. Hors frais de gestion.

Attention

Le droit passerelle exige d’avoir payé vos cotisations pendant au moins quatre trimestres sur seize. Un retard peut vous en priver.

Les questions à poser

  • Puis-je cotiser sur mon revenu estimé plutôt que sur le minimum ?
  • Ai-je droit à la cotisation de primostarter ?
  • Quelles aides de ma Région puis-je encore demander ?

Qui peut vous aider

Cas particuliers

Le parcours ci-dessus suit le cas le plus courant. Ouvrez seulement ce qui vous concerne.

Vous travaillez déjà à 4/5 au moins

Un flexi-job est un petit contrat de salarié, sans impôt jusqu’à 18 440 € de revenus en 2026. Il est réservé aux salariés à 4/5 au moins et aux pensionnés.

Si vous avez le choix, il rapporte souvent plus net qu’une activité complémentaire, pour moins de démarches.

Vous n’êtes pas ressortissant européen, ou votre métier est réglementé

Hors UE, Islande, Norvège, Liechtenstein et Suisse, il vous faut une carte professionnelle, à demander à votre Région.

Architecte, agent immobilier, expert-comptable et certains métiers du bâtiment demandent une qualification. Le guichet la vérifie.

En Wallonie et à Bruxelles, il faut aussi prouver des connaissances en gestion : diplôme, expérience ou examen.

Vous démarrez en cours d’année avec la franchise de TVA

Le seuil de 25 000 € baisse en proportion des jours qui restent. Pour un début le 1er juillet 2026, il tombe à 12 603 €.

Votre conjoint vous aide régulièrement

Il est probablement conjoint aidant. Ce statut l’oblige à cotiser, et lui donne ses propres droits. Il s’affilie à la même caisse que vous.

Sources