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Compte pro obligatoire ? Personne physique ou société

En société, oui, au nom de la société. En personne physique, non : la BCE veut un numéro de compte, qui peut être le vôtre. Pourquoi le séparer quand même.

En bref. En personne physique, le compte pro n’est pas obligatoire. La BCE veut un numéro de compte pour votre entreprise, et ce peut être votre compte privé. En société, un compte au nom de la société est obligatoire. Séparer reste un bon calcul dans les deux cas.

Vous remplissez le formulaire du guichet d’entreprises et vous bloquez sur « numéro de compte bancaire ». Faut-il d’abord ouvrir un compte pro ? Non. La loi demande un numéro de compte enregistré à la BCE, la Banque-Carrefour des Entreprises. Elle ne dit pas qu’il doit être « professionnel ».

Ce que la loi exige

La règle dépend de votre statut.

Statut Compte pro obligatoire ? Ce qu’il faut
Personne physique non un numéro de compte enregistré à la BCE, dans une banque reconnue
Société (SRL, SA, SNC…) oui un compte au nom de la société, ouvert avant l’acte

En personne physique, ce numéro figure sur vos factures. Il peut s’agir de votre compte privé. La banque doit être reconnue. Xerius précise que les prestataires de paiement étrangers comme Wise ou Payoneer ne conviennent pas. Accountable et Xerius disent la même chose : pas obligatoire, mais fortement conseillé.

En société, la démarche se fait en trois temps :

  1. avant la signature de l’acte, vous ouvrez un compte bloqué et vous y versez l’apport ;
  2. la banque délivre une attestation, que le notaire exige ;
  3. après la création, ce compte devient le compte courant de la société.

L’argent de la société ne passe jamais par votre compte personnel. Ce serait un prélèvement, imposé chez vous.

Le SPF Économie, dans son guide de 2017 sur la création d’entreprise, place « ouvrir un compte à vue » en troisième étape. C’est avant le guichet, et c’est logique : le guichet vous demandera le numéro.

Pourquoi séparer quand même

Mélanger coûte plus cher que 4 € par mois.

Votre comptable facture au temps. Trier 300 lignes de courses, d’abonnements et de factures clients lui prend deux heures par trimestre. C’est vous qui payez. Avec un compte dédié et un export CODA vers votre logiciel, il n’y a plus rien à trier.

Le contrôleur fiscal, lui, regarde le compte qui reçoit vos recettes. S’il sert aussi à vos dépenses privées, il regarde tout. Un compte séparé limite la discussion aux mouvements professionnels.

Le solde d’un compte pro vous dit ce qui reste après les clients et les fournisseurs. Celui d’un compte mixte ne dit rien. La TVA que vous encaissez n’est pas à vous non plus. Mettez-la de côté sur un sous-compte ou une épargne pro, et janvier ne vous surprendra pas.

Reste la banque. Ses conditions générales réservent souvent le compte privé à un usage privé. Si elle voit arriver des virements de clients chaque mois, elle peut exiger le passage au compte pro. Autant choisir le moment vous-même.

Combien ça coûte

Chez les banques qui publient leur prix, comptez de 0 à 9 € par mois. Les formules les moins chères sont souvent réservées aux personnes physiques ou aux sociétés à un seul administrateur. Les frais du compte sont déductibles à 100 %.

Le comparatif des comptes pro donne les prix lus le 11 octobre 2026, banque par banque. Il signale aussi ce que chacune cache : carte de crédit, découvert, quotas.

Exemple : traductrice en personne physique

Elle s’inscrit à la BCE avec son compte privé, le seul qu’elle a. Trois mois plus tard, son comptable demande un export CODA et sa banque veut la voir. Elle s’organise ainsi :

  1. elle ouvre un compte pro à 4 € par mois ;
  2. elle met le nouvel IBAN sur ses factures et dans son QR code de virement ;
  3. elle prévient ses clients par e-mail ;
  4. elle garde l’ancien compte trois mois, le temps que les paiements en cours arrivent ;
  5. elle fait changer le numéro à la BCE via son guichet.

Ce changement est payant : 111,50 € en 2026, pour l’unité d’établissement. Vérifiez si votre guichet le facture ou l’inclut. Avec un compte pro ouvert avant l’inscription, elle aurait évité cette dépense.

Ce que vous faites maintenant

  1. Vous démarrez en personne physique ? Ouvrez le compte dédié avant le guichet et donnez ce numéro à la BCE. L’ordre complet est dans les sept étapes.
  2. Vous créez une société ? Passez à la banque avant le notaire. Le compte bloqué et l’attestation demandent quelques jours.
  3. Déjà actif sur un compte mixte ? Regardez ce que le tri vous coûte chez le comptable. Comparez avec le compte pro le moins cher pour votre profil.
  4. Mettez le bon IBAN sur vos factures, en clair et dans le QR. Ce n’est pas une mention obligatoire, mais c’est celle que les clients cherchent d’abord.
  5. Vous hésitez encore sur le statut ? Tranchez cette question avant celle du compte.

Questions fréquentes

Je suis indépendant complémentaire. Un compte pro ?

Pas obligatoire. Enregistrez un numéro de compte à la BCE lors de l’inscription, le vôtre si vous voulez. Un deuxième compte privé gratuit, dédié à l’activité, fait souvent l’affaire.

Puis-je donner mon compte privé à la BCE ?

Oui, en personne physique. La loi veut un numéro de compte auprès d’une banque reconnue, pas un compte étiqueté « pro ». Les comptes Wise, Payoneer ou similaires ne sont pas acceptés.

Et si je passe en société plus tard ?

La société ouvre son propre compte, à son nom, avant même d’exister. Vous y déposez l’apport, et le notaire vérifie l’attestation bancaire. Votre compte perso n’y est pour rien.

La banque peut-elle refuser que j’utilise un compte privé pour l’activité ?

Ses conditions générales le peuvent. Beaucoup de banques tolèrent l’activité en personne physique sur un compte privé. D’autres exigent le compte pro après quelques mois. Lisez la clause avant de compter dessus.

Sources

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